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dacarcassonne@gmail.com
Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /Juin /2009 21:52
 

Ce débat, en partenariat avec l'association Vespiland représentée par M. Jean MATEO (Directeur de l’association), a été très animé, et cette synthèse recentre le fond, sans pour autant reprendre chronologiquement les citations de chacun.

L’association Vespiland a été crée en 2003 à Toulon, est agrée Protection de l’Environnement et à pour objectif l’information, l’éducation et la connaissance sur la Biodiversité (avec un intérêt plus particulier pour le monde des Insectes).

Une demande préliminaire de Jean MATEO (Expérience de 30 ans d’ingénieur en pétrole, nucléaire et technologies sous-marines) était que le débat se porte sur les Enjeux de la Biodiversité uniquement en évitant un débat technologique sur les Energies (L’Energie et les enjeux de la Biodiversité sont entre autre directement reliés par la question de la productivité dans nos économies – toutefois un débat sur les choix énergétiques d’une Société est un débat complexe qui ne doit pas se traiter en marge d’un autre débat).

 

I> Définition:

 

La biodiversité se définit par la diversité du vivant, diversité génétique, diversité des espèces, diversité des écosystèmes. On compte en plus grand nombre les espèces de petite taille plutôt que les espèces de grande taille (98% des espèces composant la planète mesure moins de 1 cm). Il en est de même lorsque l'on compare la biomasse (quantification au niveau de la masse des espèces). Les plus représentés sont les insectes hors bactéries et virus dont on ne sait rien quantitativement.

 

Darwin employait le terme de "Struggle for life", c'est à dire que la nature se construit sur des luttes pour la vie, mais aussi des symbioses pour la vie.

Le concept de "chaîne alimentaire" peut être traduit par la fusion du concept de "transformation de l'énergie", et celui d'"adaptation". Ainsi la prospérité de la biodiversité est en rapport direct avec l'eau et la chaleur.

 

Citation de Wilson, père de la biodiversité, "Aujourd'hui si on veut préserver la nature, il faut réévaluer l'intelligence animale". La nature est de plein droit et n'a pas besoin de nous pour exister. En bouleversant profondément l'équilibre actuel dans lequel nous vivons, ce n'est pas la nature qui disparaîtra, mais l'homme.

 

 

II> Les bienfaits de la biodiversité:

 

Nous avons une vision très peu rationnelle de la biodiversité, ainsi que des services qu'elle nous rend. Les services de la nature étant gratuits, ils ne sont pas appréciés économiquement. Pourtant, on sait évaluer le coût de l'épuration de l'eau, le coût des produits pharmaceutiques dont les sociétés déposent des brevet sur les molécules trouvées dans la nature. Combien coûterait de régénérer l'atmosphère pour qu'elle reste respirable? Sans oublier d'évaluer les besoins d'un certain équilibre naturel en agriculture. On estime que les services rendus par la biodiversité sont égaux à deux fois le produit mondial brut estimé.

Exemple: Aux État Unis d'Amérique, l'utilisation intensive d'insecticide a tué une grande partie des abeilles. Résultat, il s'est créé un service payant de ruches itinérantes pour polliniser les cultures.

On estime par ailleurs que l'abeille produit quarante fois plus de richesses en pollinisant les fruits et légumes par rapport à la production de l'apiculture.

 

De plus, une forte biodiversité et une forte biomasse permettent de favoriser les brassages génétiques et donc de favoriser une adaptation et une réactivité face au monde environnant, notamment face aux maladies diverses.

 

Il ne faut pas avoir peur de la nature, mais au contraire s'en inspirer, découvrir ses mystères, l'intelligence de la nature. Par esprit de profit, nous nous suiciderons, car la disparition des espèces entraînera la disparition de l'homme.

 


III> Problèmes et solutions:

 

L'équilibre naturel est déstabilisé par l'homme. Prenons l'exemple de la culture du pommier, où en 1970 on utilisait 12 traitements différents, aujourd'hui on en utilise 45, car on crée des déséquilibres (ou que l’industrie chimique pousse à la consommation ?). La surenchère de traitement crée des espèces de plus en plus fragiles. C'est pour cela qu'il faudrait revenir a des pratiques d'équilibres face à des pratiques de performance. Pour cela nous devons établir une prise de conscience.

 

Cette dernière existe mais est peu écoutée. Michel Curade nous donne son expérience dans la lutte contre le gaucho* en tant que responsable de la confédération paysanne. En fouillant dans le bureau du directeur général de l'alimentation, la confédération est tombée sur une note adressée au ministre de l'agriculture, disant qu'il valait mieux dédommager les apiculteurs plutôt que d'avoir des soucis avec Bayer. Ce qui démontre une logique de politique mercantile.

En effet, les collectivités sont influencées par les puissants qui agitent leur lobby, mais aussi par la population qui vote. Nous devons donc changer l'opinion populaire , la responsabiliser par le biais de l'éducation et du débat.

L'opinion publique peut aussi faire bouger les choses chez les puissants industriels qui se mettent à vendre du "bon comportement". Nous avons l'exemple des voitures moins polluantes, et de la "Bluecar" de Bolloré, ou même Danone qui mène des actions contre la malnutrition.

 

La fin du pétrole peut entraîner moins d'énergies, ou des énergies moins accessibles, ce qui peut nous forcer à nous tourner vers des productions plus raisonnées. Nous serons aussi amenés à aller vers plus de partage en utilisant moins d'énergies.

 

Nous pouvons aussi prendre exemple sur des civilisations plus proches de la nature comme les indiens, ou même les berbères, dont le développement est basé sur le partage en fonction de ce que donne la nature.

Finalement, l'objectif est de parvenir à ce que l'humanité fonctionne plus par rapport à un profit de court terme, et pour un petit nombre, mais plutôt pour le développement de toute l'humanité, dans la durée, et en symbiose avec la nature. Produire, consommer et éduquer autrement.

 

 

Par dacarcassonnais
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